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Énoncé des motifs — Décisions provisoires : Feuillards de cerclage en acier (SS 2025 IN)

Concernant les décisions provisoires sur le dumping et le subventionnement des feuillards de cerclage en acier originaires ou exportés de la Chine, de la Corée du Sud, de la Türkiye et du Vietnam.

Décision

Ottawa, le 

Le 16 septembre 2025, conformément au paragraphe 38(1) de la Loi sur les mesures spéciales d’importation, l’Agence des services frontaliers du Canada a rendu ses décisions provisoires concernant le dumping de feuillards de cerclage en acier originaires ou exportés de la République populaire de Chine, de la République de Corée, de la République de Türkiye et de la République socialiste du Vietnam ainsi que le subventionnement de feuillards de cerclage en acier originaires ou exportés de la République populaire de Chine.

Sur cette page

Résumé

[1] Le 21 mars 2025, à la suite d’une plainte écrite de JEM Strapping Systems Inc. de Brantford en Ontario (ci-après « la plaignante ») et conformément au paragraphe 31(1) de la Loi sur les mesures spéciales d’importation (LMSI), l’ASFC a ouvert des enquêtes sur le dumping de feuillards de cerclage en acier (FCA) originaires ou exportés de la République populaire de Chine (Chine), de la République de Corée (Corée du Sud), de la République de Türkiye (Türkiye) et de la République socialiste du Vietnam (Vietnam), et une autre enquête sur le subventionnement des FCA de Chine.

[2] Sitôt avisé de l’ouverture des enquêtes, le Tribunal canadien du commerce extérieur (TCCE) a ouvert sa propre enquête préliminaire en dommage conformément au paragraphe 34(2) de la LMSI pour savoir si les éléments de preuve indiquent, de façon raisonnable, que le dumping et le subventionnement des marchandises susmentionnées ont causé ou menacent de causer un dommage à la branche de production nationale de marchandises similaires.

[3] Le 10 juillet 2025, conformément au paragraphe 37.1(1) de la LMSI, le TCCE a rendu une décision provisoire comme quoi les éléments de preuve indiquent, de façon raisonnable, que le dumping des FCA de la Chine, de la Corée du Sud, de la Türkiye et du Vietnam et le subventionnement de ceux de la Chine menacent de causer un dommage à la branche de production nationale.

[4] Le 16 septembre 2025, par suite de ses enquêtes préliminaires et conformément au paragraphe 38(1) de la LMSI, l’ASFC a rendu des décisions provisoires de dumping concernant les FCA originaires ou exportés de la Chine, de la Corée du Sud, de la Türkiye et du Vietnam ainsi qu’une décision provisoire de subventionnement concernant les FCA originaires ou exportés de la Chine.

[5] Le même jour, conformément au paragraphe 8(1) de la LMSI, des droits provisoires ont été imposés sur les importations de marchandises sous-évaluées et subventionnées de même description que celles auxquelles les décisions s’appliquent et qui seraient dédouanées dans la période commençant le jour des décisions provisoires pour se terminer le jour où, soit l’ASFC mettrait fin aux enquêtes pour n’importe quelles marchandises au titre du paragraphe 41(1) de la LMSI, soit le TCCE rendrait une ordonnance ou des conclusions au titre du paragraphe 43(1) de la même loi, selon la première éventualité.

Période visée par les enquêtes

[6] La période visée par les enquêtes (PVE) va du 1er avril 2024 au 31 mars 2025.

Parties intéressées

[7] Les parties intéressées ont été avisées de l’ouverture des enquêtes, et elles ont reçu des demandes de renseignements (DDR). Voir l’énoncé des motifs de l’ouverture des enquêtes pour en savoir plus à leur sujet.

Exportateurs

[8] Quatre exportateurs ont fait des réponses essentiellement complètes à la DDR en dumping et, s’il y a lieu, à la DDR pour l’article 20, à temps pour que leurs réponses soient prises en compte aux fins de décision provisoire :

Tableau 1 : Exportateurs coopératifs — Dumping
Pays Exportateur
Chine Juhong Packing Materials Jiangsu Co., Ltd.Note de bas de page 1
Qinhuangdao Jiashilun Packaging Materials Co., Ltd.Note de bas de page 2
Corée du Sud Sam Hwan Steel Co., Ltd.Note de bas de page 3
Vietnam Sam Hwan Vina Co., Ltd.Note de bas de page 4

[9] Un vendeur chinois a fait une réponse essentiellement complète à la DDR en dumping à temps pour qu’elle soit prise en compte aux fins de décision provisoire : TangShang Jason Metal Materials Co, Ltd.Note de bas de page 5 Cependant, puisque le producteur de marchandises en cause n’avait pas fait de réponse à cette même DDR, l’ASFC n’a pas pu corroborer les renseignements au sujet des coûts de production, ni si le fabricant ou le vendeur était l’exportateur pour l’application de la LMSI.

[10] Deux exportateurs ont répondu à leur DDR en dumping de façon incomplète :

Tableau 2 : Exportateurs non coopératifs — Dumping
Pays Exportateur
Corée du Sud Hankum Co., Ltd.Note de bas de page 6
Türkiye Bekap Metal Ins San Ve Tic A.ŞNote de bas de page 7

[11] Enfin, deux exportateurs ont fait des réponses essentiellements complètes à leur DDR en subventionnement, à temps pour que leurs réponses soient prises en compte aux fins de décision provisoire :

Tableau 3 : Exportateurs coopératifs — Subventionnement
Pays Exportateur
Chine Juhong Packing Materials Jiangsu Co., LtdNote de bas de page 8
Qinhuangdao Jiashilun Packaging Materials Co., Ltd.Note de bas de page 9

Importateurs

[12] Un seul importateur a répondu à la DDR que l’ASFC avait adressée aux importateurs : Heartland Shipping Supplies Inc.Note de bas de page 10

Pays de remplacement

[13] L’ASFC n’a reçu aucune réponse à la DDR qu’elle avait adressée aux producteurs et exportateurs de FCA du pays de remplacement, les États-Unis d’Amérique (É.-U.).

Gouvernement

[14] Le gouvernement du Vietnam a répondu à la DDR de l’article 20 que l’ASFC avait adressée aux gouvernementsNote de bas de page 11.

[15] Quant au gouvernement de Chine, l’ASFC n’a reçu de sa part aucune réponse à la DDR en subventionnement ni à celle de l’article 20.

Les produits

Définition

[16] Dans le contexte des enquêtes, les marchandises en cause se définissent comme suit :

Feuillards de cerclage en acier au carbone ou en acier allié, avec ou sans chapes, qu’ils soient en bobines ou non, perforés ou non, cirés ou non, quelle que soit la finition de surface (y compris s’ils sont revêtus, peints, galvanisés ou « bleuis », ou ne le sont pas), d’une largeur nominale de 9,5 mm (3/8 po) à 50,8 mm (2 po) inclusivement et d’une épaisseur nominale de 0,38 mm (0,015 po) à 1,12 mm (0,044 po) inclusivement (plus ou moins les écarts admis par les normes applicables), originaires ou exportés de la République populaire de Chine, de la République de Türkiye, de la République de Corée et de la République socialiste du Vietnam.

Précisions

[17] Il est entendu qu’il n’y a pas de chevauchement entre les marchandises en cause et les marchandises assujetties à l’ordonnance dans Acier laminé à froid. De plus, les feuillards de cerclage en acier inoxydable ne sont pas considérés comme des marchandises en cause dans la présente enquête. Tel qu’il est précisé dans les notes du chapitre 72 du Tarif des douanes 2025, l’acier inoxydable est considéré comme une sous-classe distincte d’acier et diffère des autres aciers alliés.

[18] En termes simples, le feuillard de cerclage en acier est une bande étroite mais solide et plate faite d’acier. C’est un produit du secteur de l’acier laminé à plat. Il est classé dans les numéros tarifaires caractérisés par les produits d’acier « plats ». En outre, il est en grande partie fabriqué à partir d’acier laminé à froid, un produit laminé plat, conservant ses dimensions plates après sa transformation en feuillard de cerclage. Il est généralement utilisé pour le confinement de charges, le regroupement de marchandises ou le levage dans une variété d’industries.

[19] Le feuillard de cerclage en acier est également connu sous le nom de cerclage métallique en fer, cerclage métallique, bande de cerclage, bande d’acier, bande de cerclage en acier, ruban d’acier, cerceau d’emballage, sangle métallique, feuillard d’acier, ruban ou feuillard de fer, et fil plat. Les termes ci-dessus ne sont pas exhaustifs et d’autres termes peuvent être employés pour désigner le feuillard de cerclage en acier. Diverses entreprises ont également des noms de marque pour le feuillard de cerclage en acier.

[20] Le feuillard de cerclage en acier est généralement classé en fonction de la résistance à la rupture de l’acier, de sa largeur et de son épaisseur, du fait qu’il soit peint ou autrement revêtu ou galvanisé, et du fait qu’il soit enroulé par oscillation ou en ruban.

[21] Les chapes pour feuillard de cerclage en acier sont de petites pinces ou attaches métalliques utilisées pour fixer le feuillard de cerclage en acier en place après qu’il a été enroulé autour d’une charge. Les chapes aident à bloquer les extrémités du feuillard de cerclage en acier afin qu’il reste serré et ne se détache pas pendant l’expédition ou l’entreposage.

[22] Pour de plus amples renseignements sur le procédé de production, la classification des importations, les marchandises similaires et les catégories de marchandises, ainsi que sur la branche de production nationale, veuillez consulter l’Énoncé des motifs — Ouverture d’enquêtes.

Importations au Canada

[23] Dans la phase préliminaire de ses enquêtes, l’ASFC a précisé son estimation du volume et de la valeur des importations à la lumière de ses documents de déclaration ainsi que des réponses des exportateurs et des importateurs.

[24] Ci-dessous, la distribution des importations de FCA selon l’ASFC aux fins de décision provisoire :

Tableau 4 : Volume des importations de FCA
(du 1er avril 2024 au 31 mars 2025)
Pays % du volume total d’importations
Chine 10.2%
Corée du Sud 8.4%
Türkiye 20.3%
Vietnam 18.4%
Autres 42.7%
Total 100%

Déroulement des enquêtes

[25] Pour son enquête en dumping, l’ASFC a adressé à tous les exportateurs, producteurs, vendeurs et importateurs connus et potentiels des questionnaires sur leurs expéditions de FCA à destination du Canada dans la PVE.

[26] Pour son enquête en subventionnement, l’ASFC a interrogé sur les subventions donnant peut-être lieu à une action tous les exportateurs et producteurs connus et potentiels en Chine. Elle a aussi posé des questions au gouvernement de la Chine sur ses contributions financières aux producteurs et exportateurs de FCA expédiés au Canada dans la PVE. Enfin, elle a demandé au gouvernement de transmettre les DDR à tous les paliers de gouvernement inférieurs dont relevaient les exportateurs.

[27] Le gouvernement de Chine et les exportateurs/producteurs ont été prévenus que le défaut de suivre toutes les instructions de la DDR, de fournir tous les renseignements et les documents requis, y compris les versions non confidentielles, et notamment lors des visites sur place ou des vérifications au bureau, ou encore de permettre la vérification de tout renseignement, les exposerait à ce que leurs marge de dumping, montant de subvention, droits antidumping et droits compensateurs soient déterminés d’après les faits connus – et donc peut-être à leur désavantage.

[28] Après examen des réponses aux DDR, l’ASFC a envoyé des DDR supplémentaires à plusieurs parties ayant répondu pour obtenir des éclaircissements et des compléments de réponses, au besoin.

[29] Aux parties ayant fait une réponse incomplète, l’ASFC a envoyé des lettres de lacunes pour les informer des renseignements manquants et les prévenir que, sans ces renseignements, les décisions provisoires se fonderaient sur les faits connus.

[30] L’ASFC a basé ses décisions provisoires sur ce qu’elle savait au moment de les prendre. À la phase finale des enquêtes, elle poursuivra son travail de collecte et d’analyse de l’information, dont elle intégrera les résultats à ses décisions définitives, qu’elle doit rendre d’ici le 15 décembre 2025.

Observations

[31] Dans la phase préliminaire des enquêtes, l’avocat de la plaignante a fait des observations sur différentes pièces au dossier administratif, y compris des réponses aux DDR. Ces observations portent par exemple sur des renseignements jugés inexacts, peu clairs ou incomplets, qui justifieraient selon la plaignante de considérer certains exposés d’exportateurs comme incomplets en soi.

[32] Après l’ouverture de l’enquête, le gouvernement du Vietnam a fait des observations sur l’application de l’article 20Note de bas de page 12. La plaignante en a fait aussi, sur l’existence des conditions de l’article 20 en Chine et au VietnamNote de bas de page 13. Le gouvernement de celui-ci et la Vietnam Steel Association ont à leur tour répondu à ces observations de la plaignanteNote de bas de page 14.

[33] L’ASFC prend bonne note des arguments et des éléments de preuve reçus. Elle en tiendra compte pour vérifier et analyser l’information aux fins de décision définitive.

Enquête en dumping

Valeurs normales

[34] Pour ses décisions provisoires, l’ASFC estime généralement les valeurs normales, soit selon la méthode prévue à l’article 15 de la LMSI, qui se fonde sur le prix de vente intérieur de marchandises similaires dans le pays exportateur, soit selon celle prévues à l’alinéa 19b) de la même loi, qui se fonde sur la somme du coût de production des marchandises; d’un montant raisonnable pour les frais, notamment les frais administratifs et les frais de vente (FFAFV); et d’un montant raisonnable pour les bénéfices.

Prix à l'exportation

[35] Le prix à l’exportation des marchandises vendues à des importateurs au Canada s’estime généralement selon l’article 24 de la LMSI, comme étant la valeur la plus basse entre le prix de vente rectifié de l’exportateur et le prix d’achat rectifié de l’importateur. La rectification consiste à soustraire au besoin les droits, taxes et autres frais dus à l’exportation des marchandises, conformément aux sous-alinéas 24a)(i) à (iii) de la LMSI.

Marge de dumping

[36] La marge estimative de dumping par exportateur est égale à l’excédent de la valeur normale estimative totale sur le prix à l’exportation estimatif total des marchandises, exprimé en pourcentage de celui-ci. Toutes les marchandises en cause importées au Canada dans la PVE entrent dans ce calcul. Et si la valeur normale estimative totale ne dépasse pas le prix à l’exportation estimatif total, la marge de dumping est nulle (0 %).

Contexte des enquêtes en vertu de l'article 20

[37] L’article 20 est une disposition de la LMSI qui peut servir à établir la valeur normale des marchandises dans une enquête en dumping quand certaines conditions sont réunies sur le marché intérieur du pays exportateur. Dans le cas d’un pays désigné au titre de l’alinéa 20(1)a) de la LMSI, l’ASFC applique la disposition si elle juge que le gouvernement de ce pays fixe, en majeure partie, les prix intérieurs et qu’il y a des motifs suffisants de croire que les prix en question seraient différents dans un marché où jouerait la concurrenceNote de bas de page 15.

[38] Les dispositions de l’article 20 s’appliquent par secteur et non par pays. Le secteur à l’étude ne comprend normalement que l’industrie qui produit et exporte les marchandises à l’étude.

[39] La plaignante affirme que les conditions décrites à l’article 20 de la LMSI existent dans le secteur des FCA en Chine et dans celui des produits d’acier laminés à plat au Vietnam. Autrement dit, elle affirme que ces secteurs industriels ne sont pas soumis au jeu de la concurrence, et donc que les prix établis sur les marchés intérieurs chinois et vietnamien pour les FCA ne sont pas fiables pour déterminer les valeurs normales.

[40] Le secteur des produits d’acier laminés à plat comprend les feuilles d’acier résistant à la corrosion, l’acier laminé à froid, ainsi que les tôles et les feuilles d’acier au carbone et d’acier allié. « Laminés à plat » se dit des produits d’acier laminés en tôles plates ou en bobines – que ce soit à chaud ou à froid. Selon l’ASFC, les FCA en font partie; c’est pourquoi les secteurs chinois et vietnamien des produits d’acier laminés à plat sont à l’étude dans les enquêtes selon l’article 20.

[41] Si l’ASFC est d’avis que les prix intérieurs des FCA en Chine et/ou au Vietnam sont fixés en majeure partie par les gouvernements respectifs de ces deux pays et qu’il y a suffisamment de motifs de croire que les prix intérieurs seraient différents dans un marché où jouerait la concurrence, les valeurs normales des marchandises à l’étude seront établies soit conformément à l’alinéa 20(1)c), si possible comme étant le prix de vente intérieur ou la somme des coûts de production de la marchandise, d’un montant raisonnable pour les FFAFV, et d’un montant raisonnable pour les bénéfices sur les marchandises similaires vendues par des producteurs dans tout pays désigné par l’ASFC, rectifiée pour rendre les prix comparables, soit conformément à l’alinéa 20(1)d), si possible comme étant le prix de vente au Canada des marchandises similaires importées de tout pays désigné par l’ASFC, rectifié pour rendre les prix comparables.

Analyse des conditions énoncées à l'article 20

Chine

Analyse de l’emprise de l’État

[42] Nous verrons ici l’analyse, faite par l’ASFC, de l’emprise du gouvernement de Chine :

  • sur le secteur des produits d’acier laminés à plat;
  • telle qu’illustrée par ses plans, directives et autres documents stratégiques;
  • sur les producteurs d’acier, y compris par la nationalisation;
  • par le biais de subventions aux producteurs d’acier;
  • telle qu’exercée par ses interventions dans les coûts de production de l’acier.
Emprise du gouvernement de Chine sur le secteur des produits d’acier laminés à plat

[43] L’existence des conditions de l’article 20 dans le secteur chinois des produits d’acier laminés à plat a déjà été établi par l’ASFC, le plus récemment dans les affaires suivantes :

[44] L’ASFC a aussi déjà établi qu’un gouvernement pouvait contrôler les prix d’un secteur à l’étude de façon indirecte, en contrôlant ceux de ses principaux intrantsNote de bas de page 21. Puisque l’acier laminé à froid est le principal intrant pour la production de FCA, il s’ensuit que la conclusion récente relative à l’article 20 sur l’acier laminé à froid de Chine est hautement pertinente dans l’affaire qui nous intéresse.

[45] L’ensemble des renseignements au dossier pour ces conclusions antérieures et des nouveaux renseignements tirés des propres recherches de l’ASFC tend à appuyer une décision provisoire comme quoi les conditions de l’article 20 sont réunies dans le secteur chinois des produits d’acier laminés à plat.

Plans, directives et autres documents stratégiques sur l’acier

[46] Le gouvernement de Chine accorde beaucoup d’importance à l’industrie sidérurgique. Aussi, il l’encadre, y compris le secteur des produits laminés à plat, par une multitude de plans, directives et autres documents stratégiques dressés par tous ses paliers, dont les suivants :

  • En août 2024, le gouvernement de Chine a publié l’avis du bureau général du ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information visant à suspendre les travaux de remplacement de la capacité de production sidérurgique, qui suspendait en date du 23 août 2024 tout nouveau plan de remplacement de la capacité de production sidérurgiqueNote de bas de page 22.
  • En août 2023, le gouvernement de Chine a publié le plan de travail pour stabiliser la croissance dans l’industrie sidérurgique pour guider et soutenir l’amélioration de l’offre et de la demande d’acier au paysNote de bas de page 23.
  • En mars 2022, le gouvernement de Chine a publié sa feuille de route pour un développement de haute qualité dans l’industrie sidérurgique afin de guider le développement de ladite industrie et d’en rationaliser la structure, dans un souci de progrès technique et de compétitivité au niveau mondialNote de bas de page 24.
  • En février 2022, le gouvernement de Chine a publié ses lignes directrices pour une série de fusions et d’acquisitions dans l’industrie sidérurgique nationale visant à [notre traduction de l’anglais sauf avis contraire] « créer des géants de l’acier de calibre mondial et accélérer dans le secteur un développement de haute qualité ». Par ailleurs, il presse les institutions financières de fournir des services financiers complets aux entreprises sidérurgiques qui s’orientent vers des fusions-acquisitions, des ajustements structurels, des transformations ou des mises à niveauNote de bas de page 25.
  • En mai 2021, le premier ministre Li Keqiang a déclaré à la réunion du conseil d’État sur la hausse des prix de l’acirer que la Chine devait « s’occuper de la hausse excessive du prix des produits de base et de ses effets secondaires », ces efforts étant nécessaires pour « préserver la bonne marche de l’économieNote de bas de page 26. » Afin de décourager une collusion pour des prix plus élevés, les autorités locales de Shanghai et de Tangshan ont ordonné aux aciéries de fixer leurs prix à des niveaux « raisonnables », sous peine de sanctions sévères.
  • En mars 2021, le gouvernement de Chine a publié la partie III de son 14e plan quinquennal, directive qui prévoit des améliorations et autres transformations dans les industries traditionnelles, le tout s’inscrivant dans le plan pour développer la compétitivité industrielle fondamentale, y compris dans le secteur sidérurgiqueNote de bas de page 27.

[47] L’association chinoise du fer et de l’acier, regroupement industriel clé qui travaille main dans la main avec le gouvernement, se décrit elle-même comme guidée par le Parti et affirme participer à la planification et aux politiques, lois et règlements que nécessite le développement industrielNote de bas de page 28. En octobre 2024, elle a pressé les aciéries de limiter leur production avec discipline, après que les interventions du gouvernement ont fait grimper les prix de l’acierNote de bas de page 29.

[48] D’après les éléments de preuve au dossier en ce qui concerne plus particulièrement l’industrie sidérurgique chinoise, les aciéries chinoises sont fortement encouragées à suivre les directives du gouvernement, sous peine de sanctions de la part des autorités locales et étatiques.

[49] Comme on l’aura compris des politiques susmentionnées, le gouvernement de Chine intervient dans l’industrie sidérurgique, qui comprend le secteur des produits d’acier laminés à plat, en encourageant les fusions et acquisitions pour créer des entreprises sidérurgiques plus imposantes et plus efficaces, afin de guider la croissance de l’industrie. Il exerce aussi une emprise sur l’offre et la capacité de production, ce qui pourrait influer sur le prix de l’acier en Chine.

[50] De l’abondance de renseignements au dossier des conclusions antérieures sur des produits de l’acier, y compris laminés à plat, et des éléments de preuve dont nous venons de parler, l’ASFC conclut que le gouvernement de Chine contrôle son industrie sidérurgique, y compris les producteurs de FCA, en diffusant activement des plans, des directives, des directives, des politiques et des lignes directrices que les producteurs d’acier nationaux doivent suivre.

[51] L’ASFC conclut que l’emprise du gouvernement de Chine sur l’offre et la capacité de production d’acier pourrait bien se traduire par une distorsion des prix de vente. Les plans et directives en vigueur viennent encore corroborer la conclusion que les prix dans le secteur chinois des produits d’acier laminés à plat sont fixés en majeure partie par le gouvernement.

Emprise du gouvernement de Chine sur les producteurs d’acier, y compris par la nationalisation

[52] Beaucoup des plus importants producteurs d’acier de la Chine sont des entreprises d’État (EE).

Tableau 5 : Les dix premiers producteurs d’acier chinois en 2024, par volume
Pays Production d’acier en 2024 (Mt)Note de bas de page 30 Entreprises d’État
China Baowu Group 130,09 Oui
Ansteel Group 59,55 Oui
HBIS Group 42,28 Oui
Shagang Group 40,22 Non
Jianlong Group 39,37 Non
Shougang Group 31,57 Oui
Delong Steel 29,33 Non
Hunan Steel Group 24,9 Oui
Jingye Group 22,72 Non
Shandong Steel Group 19,45 Oui
Pays Production d’acier en 2024 (Mt)
Total : Dix premiers producteurs d’acier chinois 439,48
Production totale des six premiers producteurs d’acier qui sont des EE 307,84
Total : Production d’acier chinoise en 2024Note de bas de page 31 1 005,10
Les six premiers producteurs EE, en % de la production d’acier chinoise totale de 2024 34,13 %

[53] Comme on le voit dans le tableau, six des dix premiers producteurs d’acier de la Chine sont des EE. China Baowu Group, AnSteel Group et Shougang Group appartiennent à la commission de supervision et d’administration de l’actif, tandis que HBIS Group appartient entièrement au gouvernement de la province de Hebei, que Hunan Steel Group est organisé conjointement par les trois entreprises sidérurgiques de la province de Hunan et que Shandong Steel Group est une EE appartenant conjointement au gouvernement provincial du Shandong et à China Baowu GroupNote de bas de page 32.

[54] Par ailleurs, d’autres producteurs d’acier importants ont des liens indirects avec le gouvernement ou font l’objet d’interventions non négligeables de ce dernier. Beaucoup de ces producteurs s’avèrent être des EENote de bas de page 33 et sont installés à proximité de la plupart des producteurs de FCA chinois. Prenons par exemple Tangsteel, filiale de HBIS Group. Il se trouve à moins de 75 km de deux producteurs de FCA, près de TangshanNote de bas de page 34; autrement dit, l’acier laminé à froid des producteurs EE est facilement accessible aux producteurs de FCA en Chine.

[55] L’ASFC constate qu’une part de plus en plus importante de la production d’acier chinoise passe sous la coupe du gouvernement depuis quelques années, ce dernier poursuivant son objectif de concentrer plus de 60 % de la capacité chez trois à cinq grandes entreprises, compétitives à l’échelle mondiale, d’ici 2025Note de bas de page 35.

[56] Le gouvernement n’ayant pas répondu à la DDR de l’article 20, l’ASFC ne peut évaluer l’ampleur de la nationalisation ni de l’emprise de l’État dans l’industrie des FCA, puisque cette information n’est pas publique. Néanmoins, la présence importante d’EE dans l’industrie sidérurgique en général et le secteur de l’acier laminé à plat en particulier porte à croire que la vente de produits d’acier dépendrait de facteurs autres que les forces du marché, par exemple de l’adhésion aux objectifs stratégiques du gouvernement visant à réduire les prix intérieursNote de bas de page 36. En conséquence, les prix de vente intérieurs des FCA en Chine seraient probablement très différents dans un marché où jouerait la concurrence. Au final, la présence marquée d’EE dans l’industrie sidérurgique justifie d’affirmer, à l’étape de la décision provisoire, que les conditions de l’article 20 sont réunies dans le secteur chinois des produits d’acier laminés à plat.

Subventions aux fabricants de FCA

[57] La récente notification de subvention présentée par le gouvernement de Chine a été critiquée par le Secrétariat de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour son manque de transparenceNote de bas de page 37. Néanmoins, les preuves disponibles indiquent que les fabricants de FCA ont reçu ou sont admissibles à recevoir des avantages et du soutien du gouvernement de Chine.

[58] La plaignante a fourni des renseignements sur le subventionnement de l’industrie sidérurgique chinoise, soutenant que celui-ci influence le prix des produits d’acier, dont les FCANote de bas de page 38. Il ressort de l’analyse de l’ASFC que les programmes de subvention présumés pourraient constituer des contributions financières du gouvernement de Chine ayant conféré un avantage aux producteurs et exportateurs de FCA.

[59] Subventionner la production d’acier permet de facto au gouvernement de Chine d’influencer le prix des produits en aval comme les FCA, puisque les producteurs peuvent alors réduire leurs coûts de production en se procurant des intrants pour moins cher que la valeur marchande. Bref, il est probable que ces subventions faussent le prix de vente intérieur des FCA en Chine. Le subventionnement généralisé de l’industrie sidérurgique, y compris des FCA, appuie la décision provisoire comme quoi les conditions de l’article 20 existent en Chine dans le secteur de l’acier laminé à plat.

Interventions du gouvernement de Chine dans les coûts de production de l’acier

[60] Le gouvernement de Chine prend plusieurs mesures susceptibles de contrôler les coûts des matières premières qui entrent dans la fabrication d’acier. En intervenant dans les intrants en amont, il peut fixer en majeure partie le prix des produits en aval.

[61] D’après les preuves au dossier et comme on le verra ci-dessous, le gouvernement de Chine exerce une emprise sur les intrants des produits d’acier laminés à plat, tels la ferraille d’acier, le minerai de fer et l’acier laminé à froid.

[62] En 2021, devant la perspective de fraude fiscale, le gouvernement de Chine a aboli le remboursement de taxe sur la valeur ajoutée à l’exportation qu’il accordait aux exportateurs de certains produits d’acier, dont ceux laminés à froid. En même temps, il a éliminé les droits à l’importation pour la ferraille et les billettes, augmentant encore davantage, de ce fait, l’offre de ferraille d’acier bon marché au paysNote de bas de page 39. Ces mesures contribuent sur le marché intérieur chinois à une augmentation de l’offre d’acier, qui se traduit par une pression à la baisse sur les prixNote de bas de page 40.

[63] Par ailleurs, le gouvernement de Chine impose un tarif-plafond pour l’électricité produite au charbon; les répercussions sont majeures, puisque les centrales au charbon assurent 60 % de la production et de l’offre énergétiques de la Chine, dont l’industrie sidérurgique est un des plus grands consommateurs industrielsNote de bas de page 41.

[64] Les preuves au dossier portent à croire qu’en Chine le prix intérieur des FCA est influencé par le gouvernement, car ce dernier influence également le prix de l’acier laminé à froid, le principal intrant pour la production de FCA. Une étude comparative révèle que les prix intérieurs de l’acier laminé à froid en Chine sont en moyenne 55 % plus bas qu’aux É.-U.Note de bas de page 42 et 38 % plus bas que la moyenne mondialeNote de bas de page 43.

[65] Ces interventions du gouvernement sur les coûts de production ont pour effet d’après l’ASFC que les prix intérieurs de l’acier en Chine sont sans doute artificiellement bas, ce qui profite aux producteurs de FCA. En conséquence, les prix de vente intérieurs des FCA en Chine seraient sans doute différents dans un marché où joue la concurrence.

Sommaire de l’analyse de l’emprise du gouvernement

[66] L’ASFC avait déjà établi par des décisions passées que les mesures, les politiques et les intérêts du gouvernement de la Chine dans l’industrie sidérurgique, par ses contrôles et par la nationalisation, se trouvaient à fixer en majeure partie les prix de l’acier en général et de l’acier laminé à plat en particulier dans la branche de production chinoise, et que ces prix auraient été différents dans un marché où joue la concurrence.

[67] Plus précisément, l’ASFC a déjà donné des avis sur quatre produits d’acier laminés à plat : les tôles, les feuilles d’acier laminées à chaud, les feuilles d’acier laminées à froid, et les feuilles d’acier résistant à la corrosion.

[68] Le gouvernement de Chine exerce une emprise sur l’industrie sidérurgique en général, mais aussi sur le secteur de l’acier laminé à plat en particulier, avec divers plans, directives et autres documents stratégiques qui ont une incidence sur les producteurs de FCA. Les producteurs de FCA chinois sont fortement encouragés à respecter les politiques macroéconomiques de leur gouvernement, y compris les mesures relatives à la capacité de production d’acier; ainsi, dans les décisions d’entreprise, les directives et des mandats gouvernementaux entrent en conflit avec le jeu de l’offre et de la demande.

[69] En Chine, le gouvernement possède et contrôle largement les fabricants d’acier, y compris les fabricants d’acier laminé à froid. Comme on l’a vu dans les sections précédentes, les mesures, politiques et directives du gouvernement de Chine se conjuguent pour exercer une pression à la baisse sur les prix intérieurs de l’acier. Aussi, les fabricants du secteur privé sont obligés de réduire leurs prix pour demeurer compétitifs face aux EE.

[70] Par ailleurs, le subventionnement de l’industrie sidérurgique en général et du secteur des produits d’acier laminés à plat en particulier, témoigne que le gouvernement de Chine a l’intention d’exercer un contrôle afin de maintenir les prix intérieurs à un niveau donné. Ces subventions permettent aux producteurs d’acier de vendre aux producteurs de FCA pour moins cher que la juste valeur marchande, et ces derniers à leur tour peuvent vendre à des prix faussés. C’est un facteur pour conclure que les conditions de l’article 20 existent dans le secteur de l’acier laminé à plat.

[71] Par des interventions diverses, le gouvernement de Chine influence aussi le prix des intrants des FCA, comme la ferraille d’acier, le minerai de fer et l’acier laminé à froid, sans oublier l’énergie.

[72] Toutes ces politiques et mesures du gouvernement ont pour effet cumulatif d’influencer les prix dans le secteur de l’acier laminé à plat en Chine.

Analyse des prix

[73] Les prix intérieurs chinois des FCA ne sont pas accessibles au public. Aux fins de décision provisoire, quatre exportateurs, dont deux de la Chine, ont fourni des bases de données sur leurs ventes intérieures.

[74] Comme on l’a vu dans la section précédente, l’ASFC a constaté que le gouvernement de Chine influençait également le prix des intrants des FCA, comme l’acier laminé à froid. Elle s’est donc engagée dans une analyse des prix de l’acier laminé à froid, comparant ceux du marché intérieur chinois avec ceux ailleurs dans le monde au moyen de données publiques et aussi de prix fournis par les producteurs de la Corée du Sud et du Vietnam ayant fait des réponses essentiellement complètes à la DDR en dumping. Note de bas de page 44 Il ressort de cette analyse que les prix de l’acier laminé à froid ne sont pas les mêmes en Chine que sur les marchés des É.-U., de la Corée du Sud et du Vietnam, où joue la concurrence.

[75] De plus, l’ASFC a comparé les prix intérieurs des FCA en Chine avec ceux dans les autres pays visés, d’après les données des exportateurs qui avaient fait des réponses essentiellement complètes à sa DDR en dumping. Puisque l’ASFC n’a reçu de réponse essentiellement complète d’aucun exportateur de Türkiye, elle a concentré son analyse comparative sur les prix des FCA en Chine, en Corée du Sud et au Vietnam. Il en ressort que les prix intérieurs de la Chine sont sensiblement différents de ceux déterminés sur les marchés concurrentiels de la Corée du Sud et du Vietnam.

[76] De l’analyse comparative avec les prix ailleurs dans le monde, il ressort que les prix de l’acier laminé à froid et des FCA en Chine auraient été différents dans un marché concurrentiel.

Résultats provisoires de l’enquête en vertu de l’article 20

[77] D’après l’analyse de l’ASFC, l’ampleur des politiques et initiatives macroéconomiques du gouvernement de la Chine fournit une base factuelle convaincante pour affirmer que ce dernier pourrait influencer le secteur national de l’acier laminé à plat. De plus, les prix intérieurs des FCA en Chine ne semblent pas ceux auxquels on s’attendrait sur un marché concurrentiel.

[78] Pour sa décision provisoire sur le dumping, l’ASFC est d’avis qu’en Chine les prix intérieurs dans le secteur de l’acier laminé à froid sont fixés en majeure partie par le gouvernement et qu’ils seraient différents dans un marché où joue la concurrence.

[79] À la phase finale de l’enquête en dumping, l’ASFC poursuivra son enquête en vertu de l’article 20 et son travail de vérification et d’analyse des renseignements pertinents.

Vietnam

[80] Déjà au début des enquêtes, l’ASFC avait assez d’éléments de preuve, les uns apportés par la plaignante et les autres découlant de ses propres recherches, pour justifier l’ouverture d’une enquête en vertu de l’article 20 visant à apprécier dans quelle mesure le gouvernement du Vietnam intervenait dans les prix de l’acier laminé à froid, qui comprend les FCA. Les renseignements portaient à croire que toutes ces politiques et mesures du gouvernement avaient pour effet cumulatif d’influencer les prix dans le secteur de l’acier laminé à plat au Vietnam. Par conséquent, l’ASFC a adressé des DDR en vertu de l’article 20 au gouvernement du Vietnam et à tous les producteurs et exportateurs connus de FCA de ce pays, pour savoir dans quelle mesure le gouvernement participait à la détermination des prix intérieurs dans le secteur industriel de l’acier laminé à plat.

[81] L’ASFC a étudié la réponse à la DDR de l’article 20 de l’exportateur vietnamien Sam Hwan Vina Co., Ltd.Note de bas de page 45, la réponse à la DDR de l’article 20 et à la DDR supplémentaire du gouvernement du VietnamNote de bas de page 46, ainsi que les données de la Vietnam Steel Association sur les prix de acier laminé à platNote de bas de page 47.

[82] Comme nous venons de le voir, l’ASFC considère que les FCA font partie du secteur de l’acier laminé à plat; celui-ci sera donc le secteur à l’étude pour l’enquête en vertu de l’article 20.

Analyse de l’applicabilité de l’article 20

[83] Les facteurs suivants sont les principaux que l’ASFC a examinés pour juger si, au Vietnam, les prix intérieurs étaient fixés en majeure partie par le gouvernement :

  • les plans, directives et autres documents stratégiques du gouvernement du Vietnam sur l’acier;
  • l’emprise et le statut de propriétaire du gouvernement du Vietnam dans l’industrie sidérurgique;
  • la conclusion déjà rendue par l’ASFC dans Acier laminé à froid (CRS 2018 INNote de bas de page 48) comme quoi les conditions de l’article 20 existaient dans le secteur de l’acier laminé à plat, les FCA étant surtout fabriqués à partir d’acier laminé à froid;
  • l’emprise du gouvernement sur les principaux acheteurs de FCA; et
  • le subventionnement de l’industrie sidérurgique.

[84] Les éléments de preuve examinés par l’ASFC dans la phase préliminaire des enquêtes concernant les lois et les instruments administratifs pertinents du gouvernement du Vietnam ainsi que la nationalisation des producteurs d’acier laminé à plat ne tendent pas à corroborer l’affirmation que les prix au Vietnam dans ce secteur sont fixés en majeure partie par le gouvernement. Les résultats des analyses de prix effectuées par l’ASFC dans cette même phase n’indiquent pas non plus que les prix de l’acier laminé à chaud ou à froid ni des FCA auraient été différents dans un marché concurrentiel. Pour être plus précis, les comparaisons révèlent systématiquement que les prix de l’acier laminé à plat au Vietnam sont dans les normes mondiales.

Résultats provisoires de l’enquête en vertu de l’article 20 – Vietnam

[85] L’ASFC n’est pas d’avis qu’au Vietnam les prix dans le secteur de l’acier laminé à plat sont fixés en majeure partie par le gouvernement, ni qu’ils seraient différents dans un marché concurrentiel. Par conséquent, elle estime que les conditions de l’article 20 n’étaient pas réunies dans le secteur vietnamien de l’acier laminé à plat au cours de la PVE.

[86] À la phase finale de l’enquête en dumping, l’ASFC poursuivra son enquête en vertu de l’article 20 et son travail de vérification et d’analyse des renseignements pertinents. Elle pourra en conclure, ou bien que les conditions énoncées à l’article 20 de la LMSI sont présentes dans le secteur vietnamien de l’acier laminé à plat (lequel comprend les FCA), ou bien que les valeurs normales peuvent être calculées selon les prix de vente intérieurs et les coûts au Vietnam.

Résultats provisoires de l'enquête en dumping

Exportateurs coopératifs

[87] Pour les exportateurs de la Corée du Sud et du Vietnam qui avaient fait une réponse essentiellement complète à la DDR en dumping, les valeurs normales ont été estimées, soit d’après les prix de vente intérieurs de marchandises similaires selon la méthode prévue à l’article 15 de la LMSI, soit d’après la somme du coût de production des marchandises, d’un montant raisonnable pour les FFAFV et d’un autre pour les bénéfices selon celle prévue à l’alinéa 19b) de la même loi. Le coût de production a été estimé selon l’alinéa 11(1)a) du Règlement sur les mesures spéciales d’importation (RMSI), d’après les coûts associés à la production des marchandises en cause. Le montant pour les bénéfices a été déterminé selon l’alinéa 11(1)b) du RMSI.

[88] Dans son enquête en vertu de l’article 20, l’ASFC a jugé que les É.-U. et la Corée du Sud feraient les deux meilleurs pays de remplacement pour la Chine, car ils ont tous les deux d’importants producteurs de FCA capables de faire concurrence à l’échelle mondiale et également sur leurs marchés intérieurs dans des conditions équitables. Des DDR pour pays de remplacement ont été envoyées à tous les producteurs connus de FCA aux É.-U. Pour les exportateurs de Corée du Sud, c’est plutôt une DDR en dumping qui a été envoyée, puisque leur pays est aussi visé par l’enquête en dumping. Aucun fournisseur des É.-U. n’a répondu à sa DDR.

[89] Pour l’enquête en vertu de l’article 20 toujours, une DDR a été envoyée aux importateurs concernant leurs reventes au Canada de FCA importés de pays autres que la Chine, la Corée du Sud, la Türkiye et le Vietnam. L’ASFC a reçu une seule réponse complète à cette DDR; toutefois, l’importateur n’avait pas acheté de marchandises similaires de pays non visés.

[90] Pour les exportateurs de Chine ayant fait des réponses essentiellement complètes à la DDR en dumping et désignés comme exportateurs pour l’application de la LMSI, les valeurs normales ont été estimées selon une méthode semblable à celle de l’article 20 de la LMSI, soit d’après les renseignements fournis par les exportateurs de la Corée du Sud et du Vietnam qui avaient fait une réponse essentiellement complète à leur DDR en dumping.

[91] Le tableau suivant résume les marges de dumping attribuées aux exportateurs coopératifs.

Tableau 6 : Résumé des marges de dumping attribuées aux exportateurs coopératifs
Pays Exportateur Ventes intérieures Valeurs normales
(LMSI)
Bénéfices
(RMSI)
Marge de dumping
(% du prix à l’exportation)
Chine Juhong Packing Materials Jiangsu Co., Ltd Oui 20 (méthode) S.o. 2,7 %
Qinhuangdao Jiashilun Packaging Materials Co., Ltd. Oui 20 (méthode) S.o. 35,2 %
Corée du Sud Sam Hwan Steel Co., Ltd. Oui 19b) 11(1)b)(ii) 2,3 %
Vietnam Samhwan Vina Co., Ltd. Oui 15 et 19b) 11(1)b)(ii) 3,5 %

[92] Dans la PVE, toutes les marchandises en cause exportées au Canada par les exportateurs coopératifs ont été vendues à des importateurs non liés. Les prix à l’exportation ont été estimés selon la méthode prévue à l’article 24 de la LMSI, méthode décrite plus haut sous Prix à l’exportation.

Tous les autres exportateurs

[93] Pour décider selon quelle méthode estimer les valeurs normales et les prix à l’exportation pour tous les autres exportateurs, l’ASFC a analysé tout le dossier administratif, y compris la plainte de la branche de production nationale, les estimations faites par elle-même au début de l’enquête, les réponses des parties à la DDR en dumping ainsi que ses propres documents de déclaration douanière.

[94] L’ASFC a jugé que les valeurs normales et les prix à l’exportation estimés pour les exportateurs des pays visés ayant fait une réponse essentiellement complète aux fins de la décision provisoire lui serviraient d’assise. Ces valeurs sont plus pertinentes que la plainte ou les estimations faites au début de l’enquête, puisqu’elles reflètent les pratiques commerciales véritables d’un exportateur de marchandises en cause dans la PVE.

Chine, Corée du Sud et Vietnam

[95] Ainsi, d’après les faits connus, pour les exportateurs potentiels n’ayant pas fait de réponse à la DDR en dumping, les valeurs normales des marchandises en cause originaires ou exportées de la Chine, de la Corée du Sud et du Vietnam ont été estimées en fonction du plus fort excédent de la valeur normale estimative sur le prix à l’exportation estimatif (en pourcentage de ce dernier) jamais observé pour une transaction donnée des exportateurs coopératifs du même pays dans la PVE. Cette méthode se fonde sur les renseignements concernant les marchandises en provenance de chaque pays visé, et de façon générale, elle encourage les exportateurs à participer à l’enquête en dumping puisque ceux qui fournissent les renseignements demandés obtiennent un résultat plus favorable que les autres. L’ASFC a examiné les transactions pour s’assurer d’en exclure toutes les anomalies (transactions de volume ou de valeur très faible, variations saisonnières, etc.); aucune anomalie n’a été relevée toutefois.

[96] L’ASFC a jugé que ses propres documents de déclaration douanière constituaient la meilleure assise pour les prix à l’exportation estimatifs, puisqu’ils contenaient des données d’importation réelles.

Türkiye

[97] L’ASFC n’a reçu aucune réponse complète à sa DDR en dumping de la part des exportateurs turcs de FCA.

[98] En comparant la valeur normale estimative et le prix à l’exportation estimatif pour chaque transaction des exportateurs coopératifs dans les autres pays visés, l’ASFC a jugé que le plus fort excédent de la valeur normale sur le prix à l’exportation (en pourcentage de celui-ci) serait une bonne assise pour estimer la marge de dumping. Cette méthode se fonde sur les renseignements concernant les marchandises en provenance des autres pays visés, et de façon générale, elle encourage les exportateurs à participer à l’enquête en dumping puisque ceux qui fournissent les renseignements demandés obtiennent un résultat plus favorable que les autres.

[99] Ainsi, d’après les faits connus et pour tous les exportateurs, l’ASFC a estimé la valeur normale des marchandises en cause originaires ou exportées de Türkiye comme étant le plus fort excédent de la valeur normale estimative sur le prix à l’exportation estimatif jamais observé dans la PVE pour une transaction donnée des exportateurs coopératifs des autres pays visés.

[100] Selon les méthodes ci-dessus et aux fins de décision provisoire, la marge estimative de dumping pour tous les autres exportateurs est la suivante.

Tableau 7 : Sommaire des marges de dumping pour tous les autres exportateurs
Pays Tous les autres exportateurs margin of dumping
(en % du prix à l’exportation)
Chine 42,3 %
Corée du Sud 33,4 %
Türkiye 42,3 %
Vietnam 40,4 %

Sommaire des résultats provisoires : Dumping

[101] Sont présentés sommairement ci-dessous les résultats provisoires de l’enquête en dumping pour toutes les marchandises en cause dédouanées au Canada dans la PVE :

Tableau 8 : Sommaire des résultats provisoires — Dumping
PVE (du 1er avril 2024 au 31 mars 2025)
Pays Marge estimative de dumping
(en % du prix à l’exportation)
% estimatif du total des importations
(en volume)
Chine   10,2 %
Juhong Packing Materials Jiangsu Co., Ltd 2,7 % 3,3 %
Qinhuangdao Jiashilun Packaging Materials Co., Ltd. 35,2 % 0,8 %
Tous les autres exportateurs 42.3% 6,1 %
Corée du Sud   8,4 %
Sam Hwan Steel Co., Ltd. 2,3 % 5,6 %
Tous les autres exportateurs 33,4 % 2,7 %
Türkiye   20,3 %
Tous les autres exportateurs 42,3 % 20,3 %
Vietnam   18,4 %
Samhwan Vina Co., Ltd. 3,5 % 17,1 %
Tous les autres exportateurs 40,4 % 1,3 %
Tous les autres pays S.o. 42,7 %
Total   100 %

Quantité négligeable

[102] L’article 35 de la LMSI exige que l’ASFC mette fin à l’enquête avant d’avoir pris une décision provisoire quand la quantité de marchandises importées d’un pays donné s’avère négligeable.

[103] Au sens du paragraphe 2(1) de la LMSI, « négligeable » se dit de la quantité de marchandises importées d’un pays donné si elle représente moins de 3 % de la quantité totale des marchandises de même description dédouanées au Canada en provenance de l’ensemble des pays.

[104] Comme on peut le voir dans le tableau ci-dessus, la quantité de marchandises dédouanées dépasse les 3 % pour chacun des pays visés; selon la définition ci-dessus, il s’ensuit qu’elle n’est négligeable ni pour la Chine, ni pour la Corée du Sud, ni pour la Türkiye, ni pour le Vietnam.

Montant minimal

[105] Si, au moment de prendre une décision provisoire, l’ASFC décide au titre de l’article 38 de la LMSI que, pour les marchandises d’un exportateur donné, la marge de dumping est minimale, elle poursuit son enquête sur ces marchandises, mais sans frapper de droits provisoires les marchandises de même description importées dans la période provisoire. Selon le paragraphe 2(1) de la LMSI, « minimale » se dit d’une marge de dumping inférieure à 2 % du prix à l’exportation des marchandises.

[106] En l’espèce, les marges estimatives de dumping pour tous les exportateurs de la Chine, de la Corée du Sud, de la Türkiye et du Vietnam dépassent les 2 %. Elles ne sont donc pas minimales, et des droits antidumping provisoires seront imposés sur les marchandises de même description importées dans la période provisoire.

[107] Sont présentés sommairement à l’Annexe 1 les marges estimatives de dumping et les taux de droits provisoires par exportateur.

Enquête en subventionnement

[108] Une subvention au sens de l’article 2 de la LMSI est une contribution financière du gouvernement d’un pays étranger qui confère un avantage aux personnes se livrant à la production, à la commercialisation à un stade quelconque, au transport, à l’exportation ou à l’importation de marchandises données. Il y a aussi subventionnement lorsque confère un avantage toute forme de soutien du revenu ou des prix, au sens de l’article XVI de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce de 1994, lequel fait partie de l’Annexe 1A de l’Accord sur l’OMC.

[109] Aux termes du par. 2(1.6) de la LMSI, il y a contribution financière lorsque :

  1. des pratiques gouvernementales comportent un transfert direct ou indirect de fonds ou d’éléments de passif;
  2. des sommes qui, en l’absence d’une exonération ou d’une déduction, seraient perçues par le gouvernement, ou des recettes publiques sont abandonnées ou non perçues;
  3. le gouvernement fournit des biens ou des services autres qu’une infrastructure générale, ou achète des biens; ou
  4. le gouvernement permet à un organisme non gouvernemental d’accomplir l’un des gestes mentionnés aux alinéas a) à c) – ou le lui ordonne – dans les cas où le pouvoir ou l’obligation de les accomplir relèverait normalement du gouvernement, et chaque organisme accomplit ces gestes essentiellement de la même manière que le gouvernement.

[110] Une EE est « du gouvernement » au sens du par. 2(1.6) de la LMSI si elle a ou exerce une autorité gouvernementale. Sans limiter la généralité de ce qui précède, l’ASFC pourra guetter les signes suivants : 1) l’entreprise d’État s’est vu octroyer l’autorité ou en est investie de par la loi; 2) elle exerce une fonction gouvernementale; 3) elle est largement contrôlée par le gouvernement; ou 4) une combinaison de ces signes.

[111] Lorsqu’une subvention est avérée, elle peut faire l’objet de mesures compensatoires, si elle est spécifique. Une subvention est considérée comme spécifique si elle est restreinte à certaines entreprises (en droit ou dans les faits) ou prohibée. Selon la LMSI, « sont assimilés à une entreprise, un groupe d’entreprises, une branche de production ou un groupe de branches de production ». Une subvention subordonnée en tout ou en partie aux résultats à l’exportation ou bien à l’utilisation de marchandises produites ou ayant leur origine dans le pays d’exportation est prohibée, et donc spécifique au sens du par. 2(7.2) de la LMSI dans le contexte d’une enquête en subventionnement.

[112] Selon le par. 2(7.3) de la LMSI, même si une subvention n’est pas spécifique en droit, elle peut l’être dans les faits :

  1. si elle est utilisée exclusivement par un nombre restreint d’entreprises;
  2. si elle est surtout utilisée par une entreprise donnée;
  3. si des montants disproportionnés de cette subvention sont accordés à un nombre restreint d’entreprises; ou
  4. si l’autorité qui l’accorde, par la façon dont elle utilise son pouvoir discrétionnaire, montre que la subvention n’est pas généralement accessible.

[113] Dans ses enquêtes en subventionnement, l’ASFC qualifie les subventions spécifiques de « donnant lieu à une action », comme quoi elles entraîneront des mesures compensatoires.

Résultats provisoires de l'enquête en subventionnement

[114] À l’ouverture de l’enquête en subventionnement, l’ASFC a envoyé des DDR en subventionnement au gouvernement ainsi qu’à tous les exportateurs/producteurs connus de FCA de la Chine.

[115] L’ASFC a demandé au gouvernement de transmettre la DDR à tous les paliers de gouvernement inférieurs dont relevaient les exportateurs; elle a aussi demandé aux exportateurs et producteurs de transmettre une partie de la DDR à leurs fournisseurs d’intrants, à qui s’adressaient des questions sur leur caractérisation légale à titre d’EE.

Réponse du gouvernement de la Chine

[116] Le gouvernement de la Chine n’a pas répondu à la DDR en subventionnement qui lui a été adressée. Cette non-réponse a limité la capacité de l’ASFC à examiner et vérifier l’information requise pour apprécier la contribution financière, l’avantage conféré et la spécificité, et l’a donc empêchée d’estimer le montant de subvention de la manière prescrite. L’ASFC ne pourrait pas vraiment non plus savoir quels producteurs, ou autres fournisseurs de biens et services, étaient des organismes publics.

[117] À l’ouverture de l’enquête en subventionnement, l’ASFC a demandé des renseignements sur 32 programmes de subvention susceptibles de conférer un avantage aux producteurs/exportateurs de FCA en Chine. Pour voir la liste complète des programmes, on consultera l’Énoncé des motifs — Ouverture d’enquêtes.

[118] À la phase finale de l’enquête, l’ASFC va continuer d’analyser les renseignements au dossier administratif; elle pourra aussi s’intéresser à d’autres programmes de subvention qui ne lui seraient pas connus actuellement.

Tous les exportateurs : Chine

[119] L’ASFC a reçu deux réponses à la DDR en subventionnement adressée aux exportateurs de FCA chinois, mais, comme nous l’avons dit, aucune à celle adressée au gouvernement.

[120] Faute de réponse du gouvernement, l’ASFC ne peut calculer de taux de subvention propres aux divers exportateurs. Faute des renseignements requis, elle doit se rabattre sur les meilleurs renseignements disponibles pour estimer le montant de subvention, c’est-à-dire, pour l’heure, sur la plainte.

[121] Au moment de choisir une méthode pour estimer le montant de subvention applicable à tous les exportateurs de Chine, l’ASFC a analysé l’ensemble du dossier administratif, y compris les réponses des exportateurs à leurs DDR, la plainte de la branche de production nationale et les estimations faites par elle-même au début de l’enquête. Faute d’une réponse suffisante du gouvernement, l’ASFC s’est fondée sur les montants de subvention tels qu’elle les avait estimés à l’ouverture de l’enquête pour déterminer le montant de subvention des marchandises en cause originaires ou exportées de la Chine, et ce, pour tous les exportateurs.

[122] Selon la méthode ci-dessus et aux fins de décision provisoire, le montant de subvention estimatif pour tous les exportateurs de la Chine s’élève à 6,5 % du prix à l’exportation.

Sommaire des résultats provisoires : Subventionnement

[123] Sont présentés sommairement ci-dessous les résultats provisoires de l’enquête en subventionnement pour toutes les marchandises en cause dédouanées au Canada dans la PVE :

Tableau 9 : Sommaire des résultats provisoires — Subventionnement
PVE (du 1er avril 2024 au 31 mars 2025)
Pays Montant de subvention estimatif
(en % du prix à l’exportation)
% estimatif du total des importations
(en volume)
Chine   10,2 %
Juhong Packing Materials Jiangsu Co., Ltd 6,5 % 3,3 %
Qinhuangdao Jiashilun Packaging Materials Co., Ltd. 6,5 % 0,8 %
Tous les autres exportateurs 6,5 % 6,1 %
Tous les autres pays   89,8 %
Total   100 %

Quantité négligeable

[124] L’article 35 de la LMSI exige que l’ASFC mette fin à l’enquête avant d’avoir pris une décision provisoire quand la quantité de marchandises importées d’un pays donné s’avère négligeable. Au sens du par. 2(1) de la LMSI, « négligeable » se dit de la quantité de marchandises importées d’un pays donné si elle représente moins de 3 % de la quantité totale des marchandises de même description dédouanées au Canada en provenance de tous pays.

[125] Comme on peut le voir dans le tableau ci-dessus, la quantité d’importations en provenance de la Chine dépasse les 3 % et n’est donc pas négligeable.

Montant minimal

[126] Si, au moment de prendre une décision provisoire, l’ASFC décide au titre de l’article 38 de la LMSI que, pour les marchandises d’un exportateur donné, le montant de subvention est minimal, elle poursuit son enquête sur ces marchandises, mais sans frapper de droits compensateurs les marchandises de même description importées dans la période provisoire. Un montant de subvention est minimal au sens du par. 2(1) de la LMSI s’il n’atteint pas 1 % du prix à l’exportation.

[127] Puisque les montants de subvention estimatifs pour tous les autres exportateurs dépassent 1 % du prix à l’exportation, ils ne sont pas minimaux. Par conséquent, des droits compensateurs provisoires seront imposés sur leurs marchandises de même description importées dans la période provisoire.

Décisions

[128] Le 16 septembre 2025, en vertu du par. 38(1) de la LMSI, l’ASFC a rendu une décision provisoire de dumping concernant les FCA en provenance de la Chine, de la Corée du Sud, de la Türkiye et du Vietnam, et une décision provisoire de subventionnement concernant ceux en provenance de la Chine.

Droits provisoires

[129] Conformément au par. 8(1) de la LMSI, les importateurs au Canada devront payer des droits provisoires pour toutes les importations dédouanées de FCA sous-évalués et subventionnés. L’imposition de ces droits commencera le jour des décisions provisoires pour se terminer, soit quand l’ASFC mettra fin aux enquêtes en vertu du par. 41(1), soit quand le TCCE rendra son ordonnance ou ses conclusions, selon la première éventualité. L’ASFC estime que les droits provisoires sont nécessaires pour prévenir des dommages. Comme le dit la décision provisoire du TCCE, les éléments de preuve disponibles donnent une indication raisonnable que le dumping et le subventionnement de FCA menacent de causer un dommage à la branche de production nationale.

[130] Les importations de FCA originaires ou exportés de la Chine, de la Corée du Sud, de la Türkiye et du Vietnam, dédouanées par l’ASFC à compter du 16 septembre 2025, seront frappées de droits provisoires équivalents à la marge estimative de dumping, additionnée s’il y a lieu du montant de subvention estimatif, exprimés en pourcentage du prix à l’exportation des marchandises. On trouvera à l’annexe 1 les marges estimatives de dumping, le montant de subvention estimatif et les taux de droits provisoires.

[131] Les importateurs sont tenus de payer les droits provisoires en espèces ou par chèque certifié. Par ailleurs, ils peuvent verser une caution d’un montant égal aux droits à payer. Ils peuvent communiquer avec leur bureau régional de l’ASFC s’ils ont des questions sur le paiement des droits provisoires ou le versement de cautions. Les importateurs qui n’indiquent pas le bon code LMSI ou qui ne décrivent pas les marchandises correctement dans les documents d’importation s’exposent à des sanctions administratives pécuniaires. Les marchandises importées sont également assujetties à la Loi sur les douanes; le défaut de payer les droits dans les délais impartis entraînera l’application des dispositions de cette loi relatives aux intérêts.

Mesures à venir

Agence des services frontaliers du Canada

[132] L’ASFC va poursuivre ses enquêtes en dumping et en subventionnement, et rendre ses décisions définitives d’ici le 15 décembre 2025.

[133] Là où la marge de dumping ou le montant de subvention d’un exportateur donné s’avérera minimal, l’ASFC mettra fin à l’enquête sur les marchandises de cet exportateur, et les droits provisoires payés et/ou les cautions déposées seront restitués aux importateurs. Si l’ASFC est toujours convaincue qu’il y a eu dumping ou subventionnement, elle rendra des décisions définitives.

Tribunal canadien du commerce extérieur

[134] Le TCCE a commencé son enquête sur la question du dommage causé à la branche de production nationale et devrait rendre ses conclusions d’ici le 14 janvier 2026.

[135] Si le TCCE conclut que le dumping n’a pas causé de dommage ni de retard et ne menace pas de causer un dommage, il mettra fin à la procédure, et tous droits antidumping provisoires payés ou toute caution déposée seront restitués aux importateurs.

[136] Si, en revanche, le TCCE conclut que le dumping a causé un dommage ou un retard ou menace de causer un dommage, des droits antidumping équivalents à la marge de dumping seront imposés, perçus et payés sur les importations de FCA de même description que les marchandises visées par les conclusions du TCCE.

[137] Si le TCCE conclut que le subventionnement n’a pas causé de dommage ou de retard et ne menace pas de causer de dommage, il mettra fin à la procédure. Les droits compensateurs provisoires payés et les cautions déposées seront rendus intégralement aux importateurs.

[138] Si, en revanche, le TCCE conclut que le subventionnement a causé un dommage ou un retard ou qu’il menace de causer un dommage, des droits compensateurs équivalents au montant de subvention seront imposés, perçus et payés sur les importations de FCA de même description que les marchandises visées par ses conclusions.

[139] Aux fins de la décision provisoire de dumping ou de subventionnement, l’ASFC doit déterminer si le volume réel ou éventuel des marchandises importées est négligeable. Après la décision provisoire de dumping ou de subventionnement, c’est le TCCE qui assume cette responsabilité. Le par. 42(4.1) de la LMSI dit que, lorsqu’il conclut que le volume des marchandises sous-évaluées ou subventionnées provenant d’un pays donné est négligeable, le TCCE doit mettre fin à l’enquête sur ces marchandises.

Droits rétroactifs sur les importations massives

[140] Il est parfois possible d’imposer des droits antidumping ou compensateurs rétroactifs sur des marchandises en cause importées au Canada. Lorsque le TCCE mène son enquête sur le dommage sensible causé à la branche de production nationale, il peut se demander si les marchandises sous-évaluées ou subventionnées importées un peu avant ou après l’ouverture des enquêtes constituent des importations massives sur une courte période ayant causé un dommage à la branche de production nationale. S’il conclut par l’affirmative, les importations de marchandises en cause dédouanées auprès de l’ASFC dans les 90 jours précédant la date des décisions provisoires pourraient être frappées de droits antidumping ou compensateurs.

[141] Quant aux importations de marchandises subventionnées ayant causé un dommage, par contre, cette disposition ne s’applique que si l’ASFC a établi que la totalité ou une partie des subventions sont prohibées. Si tel est le cas, le montant des droits compensateurs appliqués rétroactivement correspondra à celui de la subvention prohibée. Une subvention à l’exportation est prohibée au sens du par. 2(1) de la LMSI.

Engagements

[142] Après que l’ASFC a rendu une décision provisoire comme quoi il y a eu dumping par une marge non minimale, un exportateur peut prendre l’engagement écrit de réviser ses prix de vente au Canada de façon à éliminer la marge de dumping ou le dommage causé par le dumping.

[143] De même, après une décision provisoire de subventionnement, un gouvernement étranger peut prendre l’engagement écrit, soit d’abolir le subventionnement des marchandises exportées, soit d’en éliminer l’effet dommageable en limitant le montant de subvention ou la quantité de marchandises exportées au Canada. D’autre part, les exportateurs peuvent, avec le consentement écrit de leur gouvernement, s’engager à réviser leurs prix de vente de façon à éliminer le montant de subvention ou l’effet dommageable du subventionnement.

[144] Vu le temps qu’il faut pour les étudier, les projets d’engagements par écrit doivent être présentés le plus tôt possible, au plus tard 60 jours après les décisions provisoires de dumping et de subventionnement. Pour en savoir plus, voir le Mémorandum D14-1-9 : Renseignements ayant trait à l'acceptation, à l'exécution et au renouvellement des engagements dans les enquêtes sur le dumping et le subventionnement de l’ASFC.

[145] Après que l’ASFC a reçu un projet d’engagement, les parties intéressées ont neuf jours pour faire des observations sur l’acceptabilité de celui-ci. L’ASFC tiendra à jour une liste des parties qui désirent être avisées de la réception des projets d’engagements. Les parties désirant être avisées peuvent fournir leur nom, leur numéro de téléphone, leur adresse postale et leur adresse électronique aux coordonnées qui figurent ci-après dans la section « Renseignements ».

[146] Dès l’acceptation d’un engagement, les enquêtes et la perception des droits provisoires sont suspendues. Mais même alors, un exportateur peut demander que l’ASFC termine ses enquêtes, et le TCCE, sa propre enquête en dommage.

Publication

[147] Un avis des décisions provisoires de dumping et de subventionnement sera publié dans la Gazette du Canada, comme le veut l’alinéa 38(3)a) de la LMSI.

Communiquer avec nous

[148] Pour en savoir plus, prière d’écrire à l’adresse électronique indiquée ci-dessous :

Courriel : simaregistry-depotlmsi@cbsa-asfc.gc.ca

Le directeur exécutif p.i.
Direction des programmes commerciaux et antidumping
Sean Borg

Annexe 1 : Sommaire des marges estimatives de dumping, des montants de subvention estimatifs et des taux de droits provisoires

Le tableau ci-dessous résume les marges estimatives de dumping, les montants de subvention estimatifs et les taux de droits provisoires par exportateur en conséquence des décisions susmentionnées. Les taux de droits provisoires ci-dessous s’appliquent aux importations de marchandises en cause dédouanées par l’Agence des services frontaliers du Canada à compter du 16 septembre 2025.

Pays Exportateur Marge estimative de dumping
(en % du prix à l’exportation)
Montant de subvention estimatif
(en % du prix à l’exportation)
Taux de droits provisoires
(en % du prix à l’exportation)
Chine Juhong Packing Materials Jiangsu Co., Ltd 2,7 % 6,5 % 9,2 %
Qinhuangdao Jiashilun Packaging Materials Co., Ltd. 35,2 % 6,5 % 41,7 %
Tous les autres exportateurs 42,3 % 6,5 % 48,8 %
Corée du Sud Sam Hwan Steel Co., Ltd. 2,3 % S.o. 2,3 %
Tous les autres exportateurs 33,4 % S.o. 33,4 %
Türkiye Tous les exportateurs 42,3 % S.o. 42,3 %
Vietnam Samhwan Vina Co., Ltd. 3,5 % S.o. 3,5 %
Tous les autres exportateurs 40,4 % S.o. 40,4 %

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